Concertation et vie associative – La mobilisation citoyenne en Bretagne

On observe aujourd’hui deux tendances parallèles dans notre société : la défiance envers le monde politique, qui se traduit notamment par des taux d’abstention importants, et un investissement citoyen fort dans le secteur associatif. 

Cette dynamique associative est une force en matière de mobilisation citoyenne dans les démarches participatives, particulièrement lorsque l’on travaille à l’échelle locale.

Nous explorerons dans cet article les moyens de mobiliser ce vivier citoyen.

Intégrer les associations dans les démarches de démocratie participative

La mobilisation des acteurs locaux au travers du tissu associatif peut se faire en deux temps.

D’abord par la mobilisation des bénévoles dirigeants pour atteindre et mobiliser leurs adhérents.

Mobiliser les bénévoles dirigeants dans les politiques publiques de démocratie locale

Bien qu’il n’existe pas de lien hiérarchique entre les bénévoles, il est nécessaire d’organiser stratégiquement le positionnement d’une collectivité, ou d’un super consultant, pour avancer dans un partenariat sur la concertation. 

Le premier acteur clé dans cette démarche est l’agent en charge de la vie associative dans votre collectivité. Grâce à lui (ou elle, évidemment), vous pourrez appréhender l’ensemble du tissu associatif présent sur votre commune, tant sur les thématiques développées ou à développer sur votre territoire que sur les rapports humains au sein et avec les associations. Vous profiterez également d’un accès direct aux listes de diffusion dont dispose le service (sous réserve du RGPD). 

Ensuite, il s’agit de partenariat donc de lien de confiance à créer. Les rencontres formelles et informelles seront la deuxième clé de réussite. Là aussi, la structuration associative est un point fort dans la mobilisation. Tout d’abord, les rencontres régulières du CA vous permettront de venir à la rencontre de ses membres, d’expliquer votre projet en détail. En bonus, cette rencontre permet de créer du lien avec les acteurs locaux (sans compter qu’elles peuvent être accompagnées d’un buffet). 

Mobiliser les adhérents sur les démarches participatives

L’une des limites de la démocratie participative est la contrainte posée par la participation. Nous sommes tous pris dans notre rythme de vie et accorder du temps libre à de telles démarches peut se révéler parfois compliqué. Ces contraintes sont particulièrement importantes pour les actifs, d’autant plus pour les ménages avec de jeunes enfants. C’est également l’un des aspects contraignant la participation des jeunes (voir nos articles sur la participation des jeunes). 

La mobilisation de ces tranches d’âge va être boostée par le contact direct avec les adhérents des associations. Vous limiterez par le contact direct, par exemple lors des AG, la contrainte posée par l’engagement dans des démarches participatives.

Les associations sont spécialisées sur des thématiques sur lesquelles vous pouvez orienter vos démarches. Les adhérents à ces associations sont investis et seront intéressés par vos concertations thématiques. Par exemple, si une collectivité souhaite travailler sur ses sentiers pédestres et qu’elle dispose d’une association de marcheurs, alors elle a à sa portée un ensemble de citoyens experts dans l’usage de ces cheminements. 

S’intégrer aux rythmes des associations

Les associations seront des partenaires une fois mobilisées, mais c’est à vous, ou à nous 😉, de nous adapter à elles. 

Suivre l’événementiel du monde associatif

Pouvons-nous créer des temps de démocratie participative qui mobiliseront la population ? Peut-être, mais c’est très optimiste. En revanche, c’est une force dont disposent les associations ; on l’a vu avec les AG mais aussi sur des événements plus ou moins réguliers. 

Les matchs du dimanche (oui, ça fait travailler le dimanche, mais on n’a rien sans rien 😉), les ateliers jardinage, les temps festifs sur un tiers-lieu, les mercredis après-midi dans les espaces de vie ou centres sociaux, etc. Ce sont autant de temps où vous aurez des citoyens disponibles sur des moments conviviaux, donc mobilisables.

Structurer son “aller-vers”

Venir sur de l’événementiel est pertinent, mais ce principe rencontre une contrainte : les personnes présentes sont accaparées par d’autres choses (l’atelier couture de l’espace de vie sociale, le match de la petite à regarder, aller prendre une bière à la mi-temps, etc.). 

Le contact créé sur ces temps doit donc être calibré pour être attractif et impactant. En peu de temps, l’habitant doit pouvoir être acteur d’une démarche et intégré à la dimension participative portée sur ce temps. 

La visibilité du stand est alors importante, tout comme son attractivité (pourquoi ne pas dégager un espace d’expression pour les enfants pendant que les parents discutent avec vous/nous). On peut penser à plusieurs types d’ateliers d’intelligence collective, comme le porteur de parole (description en FAQ). 

Ce temps, bien que parfois fugace, doit laisser une trace, un compte rendu, une restitution envoyée aux participants inscrivant leurs mails à une liste de diffusion (encore une fois, en respectant la RGPD), ce qui vous permettra d’améliorer la communication sur les démarches participatives. 

Action portée à Lanester : 60 participants sous le barnum de Concert’à l’Ouest

FAQ

Vous parliez de Porteur de parole, qu’est-ce que c’est ?

Ce dispositif consiste à installer, dans un lieu de passage et à l’occasion d’un temps fort de la commune, un grand panneau….

portant une phrase d’accroche ouverte, pensée pour qu’il n’y ait ni bonne ni mauvaise réponse. Nous y affichons dès le départ une ou deux réponses pour amorcer les échanges, puis nous accueillons les passant.es qui s’arrêtent. Nous les écoutons activement, nous reformulons ce qu’ils nous disent pour les amener à préciser leur pensée et nous cherchons, par quelques relances, à montrer que la question peut se poser autrement plutôt que d’apporter nous-mêmes une réponse toute faite. Les réponses recueillies sont affichées en direct sur le panneau, ce qui nourrit à son tour les échanges avec les passant.es suivant.es. Il nous permet d’aller chercher la parole de celles et ceux qui ne participent pas aux réunions de concertation classiques, sans leur demander de se déplacer ni de s’inscrire : ils n’ont qu’à passer par là, un jour de marché ou de fête locale.

Comment mobiliser les associations dans une démarche de concertation citoyenne en Bretagne ?

La mobilisation du tissu associatif constitue l’un des leviers les plus efficaces pour renforcer la participation citoyenne dans les communes et intercommunalités bretonnes….

La Bretagne bénéficie d’un réseau associatif particulièrement dense, engagé dans des domaines variés comme la culture, l’environnement, le sport, la solidarité ou encore la vie locale.Pour intégrer efficacement les associations à une démarche de démocratie participative, il est recommandé d’agir en deux étapes :

  1. Mobiliser les responsables associatifs afin de créer un partenariat de confiance avec la collectivité.
  1. S’appuyer sur les adhérents pour toucher un large panel d’habitants déjà impliqués dans la vie locale.

Les élus et agents chargés de la vie associative disposent souvent d’une connaissance fine du territoire et peuvent faciliter les premiers contacts. Participer aux assemblées générales, rencontrer les conseils d’administration ou échanger lors d’événements locaux permet d’expliquer les objectifs de la concertation et de susciter l’engagement.

En Bretagne, où les liens de proximité et le bénévolat occupent une place importante dans la vie communale, les associations représentent un relais privilégié pour informer, consulter et mobiliser les habitants autour des projets publics.

Comment aller à la rencontre des habitants grâce au réseau associatif breton ?

L’une des difficultés rencontrées dans les démarches participatives est la disponibilité des citoyens. Entre vie professionnelle, familiale et associative, il peut être difficile pour certains habitants de participer à des réunions spécifiques organisées par la collectivité….

La solution consiste souvent à adopter une démarche d’« aller-vers », en intégrant la concertation aux événements déjà fréquentés par les habitants. En Bretagne, les associations organisent tout au long de l’année des manifestations sportives, culturelles, environnementales ou festives qui constituent autant d’occasions de rencontrer les citoyens là où ils se trouvent. Installer un stand de concertation lors d’un marché local, d’une fête associative, d’un événement sportif ou dans un tiers-lieu permet de recueillir l’avis des habitants dans un cadre convivial. Des outils d’intelligence collective, comme le porteur de parole, les cartes participatives ou les ateliers d’expression libre, favorisent des échanges rapides mais qualitatifs.

Pour prolonger cette mobilisation, il est essentiel de transmettre une restitution des contributions recueillies et de maintenir le lien avec les participants, dans le respect du RGPD. Cette démarche contribue à renforcer la confiance entre les collectivités bretonnes et leurs habitants tout en améliorant la participation aux futures concertations.