Outil d’animation : Le photolangage

Photolangage et participation citoyenne : méthodologie d’un outil adapté pour révéler l’expression des usagers 

Le Photolangage avec Concert’à l’Ouest 

Comprendre le photolangage en concertation 

Le photolangage est un outil d’intelligence collective qui repose sur l’utilisation d’images pour exprimer par exemple des besoins ou encore des émotions. L’idée est de mettre à disposition des participants, une série d’images afin qu’ils s’en saisissent (physiquement) pour exprimer un point de vue.  

Il permet notamment de faciliter le dialogue avec des personnes éloignés de l’écriture ou peu à l’aise à l’oral.  

Sur une introduction d’un groupe de travail il peut servir à exprimer son état du moment, ce qu’on appelle un temps météo, avec l’utilisation des cartes du Dixit par exemple.  

En participation citoyenne il va permettre de révéler attentes et besoins des habitants et sevira à la co-construction visible des représentations individuelles pour créer une fresque collective.  

Le photolangage dans la pyramide de la participation citoyenne 

Ce type d’atelier est particulièrement adapté à la consultation de la population et peut également entrer dans une stratégie de concertation plus ambitieuse.  

Pourquoi est-il un outil phare de la consultation chez Concert’à l’Ouest ?  

On l’a expliqué dans notre article sur le calibrage de la participation, la consultation est un degré où l’avis des usagers intervient dans un cadre prédéfini, il est sollicité pour améliorer un projet.  

Le support « fermé » du photolangage est approprié à cela car il oriente les participants dans du concret, on referme certes des portes mais on produit donc un travail pragmatique. Par exemple, sur le travail d’aménagement paysager, une collectivité peut orienter l’implantation d’espèces strictement endémique et fermé les portes aux espèces exotiques. Un palmier au milieu d’un skatepark peut donner un côté Los Angeles mais ne sera pas aux goûts de tout le monde (au passage le palmier n’est pas non plus une espèce endémique à Los Angeles, moment culture générale). 

Lors d’une concertation, l’outil garde un intérêt certain et peut être réadapté, en intégrant un maximum de thèmes photos différents, en ouvrant la possibilité de dessiner de nouvelles idées, etc. 

Méthodologie : préparer et animer un atelier photolangage 

Préparation de l’atelier 

  • Définir l’objectif : recueillir des perceptions, construire une vision, identifier des besoins. 
  • Sélectionner un corpus d’images variées : paysages, objets, scènes de vie, textures, symboles. 
  • Prévoir un espace modulable : tables, murs d’affichage, zones de circulation. 
  • Prévoir les outils annexe, ex : Vue aérienne en A1 pour avoir un support de l’espace éventuellement concerné par le projet travaillé 
  • Anticiper la durée : 1h30 à 2h selon le nombre de participants. Chez Concert’à l’Ouest on d’oriente plutôt sur des créneaux d’1H30 mais ça nous regarde 😉  
  • Préparer un pitch d’animation : consignes, questions ouvertes, temps de restitution. 

Rappelons-le, prévoir également de quoi s’hydrater et grignoter !  

Proposition de deux déroulés type de l’atelier 

  • Accueil et introduction : expliquer le cadre et les objectifs aux participants (5 minutes) 

Variante de l’individuel au collectif : 

  • Sélection individuelle d’une image : laisser un temps de réflexion (10 minutes) 
  • Expression individuelle : chaque participant explique son choix (15 minutes, pas par personne mais en tout) 
  • Mise en commun : regroupement des images par thèmes ou ressentis (10 minutes) 
  • Petite pause, pour les participants, la personne à l’animation en profite pour projeter un bilan ou s’adapter à la situation au besoin (5 minutes) 
  • Synthèse animée : reformulation, hiérarchisation, identification de pistes d’action (15 minutes) 
  • Validation du bilan de façon collective : émergence des enjeux, attentes, visions (15 minutes) 

Variante d’un travail collectif :  

Les participants se regroupent par groupe de 5 à 8 personnes (pour faciliter les échanges). Ici tout va se mélanger de façon construite. L’animation de ce temps collectif est donc importante pour permettre la fluidité dans les échanges, l’écoute des participants entre eux et la bonne répartition du temps de parole.  

Durant l’atelier collectif (45 minutes) :  

  • Sélection d’une image par un participant 
  • Explication du choix 
  • Discussion autour du choix en question 
  • Positionnement de l’image. La question du positionnement est très importante car elle implique un choix. La répartition sur un support est-elle stricte (une pyramide, une fresque, un bateau SWOT) ou libre ? Il n’y a pas de réponses fixes à cette question, cela dépend de l’orientation du temps participatif, de la dynamique de groupe et surtout des préférences de la personne en animation 
  • Et on enchaîne !
  • Petite pause, pour les participants, la personne à l’animation en profite pour projeter un bilan ou s’adapter à la situation au besoin (5 minutes) 
  • Restitution du travail des sous-groupes avec un focus sur les points communs et divergences entre les rendus (20 minutes) 

-> Pour les lecteurs attentifs vous aurez noté que la séance fait 1H15, c’est la marge de sécurité pour ne pas dépasser 1H30. 

Restituer un atelier photolangage 

  • Produire une synthèse visuelle : photos des images choisies + verbatims associés. 
  • Identifier les grands thèmes émergents : valeurs, craintes, aspirations. 
  • Croiser les résultats avec d’autres dispositifs le cas échéant : questionnaire, diagnostic de terrain, ateliers techniques. 
  • Présenter les résultats aux élus avec une lecture claire : ce qui fait consensus / ce qui diverge. 
  • Intégrer les apports dans la décision ou la conception du projet. 

FAQ 

Autres ateliers complémentaires dans une même stratégie 

  • Cartographie sensible : perceptions du territoire, lieux aimés ou évités. 
  • Ateliers de scénarios : projection dans des futurs possibles. 
  • Ateliers maquettes : matérialisation des idées en volume. 
  • Ateliers de priorisation : hiérarchisation collective des actions à mener. 
  • Ateliers d’ambiance (moodboards) : définir les atmosphères souhaitées pour un lieu.