Mettre en place un diagnostic en marchant

Les diagnostics en marchant

Concert’à l’Ouest vous propose des outils en « open source » pour accompagner nos collectivités de l’Ouest dans leurs démarches, ce mois de Juin 2026 ce sont les diagnostics en marchant qui sont à l’honneur !

Etudier les besoins des usagers avec les diagnostics en marchant 

On fantasme très souvent la participation citoyenne, sur des projets d’envergure, avec un pouvoir décisionnel fort, intégrant des centaines de participants, etc. Pourtant certains outils, comme le diagnostic en marchant, brillent par leur simplicité s’ils sont menés stratégiquement. 

Qu’est-ce qu’un diagnostic en marchant ? 

Il s’agit d’un outil, d’un type d’atelier, il a tout de même la spécificité de pouvoir se suffire à lui-même.  

Le concept est rudimentaire, on va tracer un parcours dans une collectivité, souvent réalisable en moins de 2h. On fera ce parcours avec les usagers et seront relevés : l’ensemble des éléments qui paraissent important pour ces connaisseurs du terrain. Par exemple : cette plaque d’égout est instable, cette haie est trop haute et diminue la visibilité des voitures sur un passage piéton, etc.  

C’est un recensement des problèmes du quotidien sur un périmètre donné en se basant sur l’expertise d’usage de ses habitants.  

Pour en revenir à cette conception du diagnostic en marchant comme un outil potentiellement autonome ? En tant qu’outil, il peut être intégré à une stratégie de participation plus large, par exemple dans la création d’un parc municipale pour cerner les déplacements des usagers et les aménagements nécessaires (comme des bancs afin de faciliter la mobilité des PMR vers le lieu).  

En tant qu’action autonome il permet de résoudre des problèmes, parfois bénin, du quotidien pour les résidents de ses secteurs. C’est aussi un excellent moyen de rapprocher les usagers des élus et agents de la collectivité. 

Pourquoi utiliser cet outil ? Et particulièrement en début de mandat ?  

Vous l’aurez compris, le diagnostic en marchant est un outil terre à terre, on isole les éléments perturbateurs du quotidien et on essaye d’y apporter une solution.  

Il répond donc aux besoins directs des usagers et est réalisé, littéralement, devant chez eux. Grâce à ces deux facteurs il vous permettra d’atteindre votre population dans son ensemble, votre électorat (potentiellement porté sur la participation citoyenne et qui a une confiance en vous), et aussi/surtout les habitants ne constituant pas votre électorat. Concrètement vous pouvez les intégrer aux actions locales à travers ce dispositif. L’ambition n’est pas au prosélytisme mais plutôt à favoriser l’émergence de discussion entre des avis divergents.  

Il permet donc d’associer des personnes qui ne se déplaceraient pas sur un atelier participatif. 

Pour les ambitieux, proposer une série de diagnostics en marchant, tout au long du mandat, permet de réaliser un réel bilan de l’état de son territoire.  

Comment mettre en œuvre une politique de diagnostic avec ses usagers ? 

Entrons, ensemble, dans le concret. Avant toute chose, il est primordial de rappeler que l’on ne mène pas ce type de consultation/concertation pour faire un joli dossier aussi vite oublié. L’ambition est de distinguer des éléments sur lesquels intervenir directement (peu coûteux) et d’autres sur lesquels pèse un choix politique ou qui ne sont pas possibles. Quoiqu’il en soit, une réponse doit être apportée, qu’elle soit concrète (ex : la taille de la haie précitée) ou écrite, pour justifier d’une inaction ou du délai de mise en œuvre.   

L’organisation concrète de la consultation/concertation 

Une organisation étape par étape :  

  1. Définir le périmètre géographique qui sera diagnostiqué (avec les élus, agents et, parfois, des usagers). 
  1. Vérifier sa faisabilité en moins de 2h, en intégrant une marge pour les interventions des participants ; globalement, visons un parcours réalisable en 45 minutes pour une personne qui se déplace seule. 
  1. Proposer un plan avec des étapes de pause, favorisant les discussions + permettant à de nouveaux participants de s’intégrer au groupe (notamment des PMR pour qui 2h de déplacement pourraient être ambitieux).  
  1. Communiquer : le porte-à-porte par les agents (police municipale, par exemple) ou un boîtage sont des moyens très opérationnels.   
  1. Inviter d’éventuels partenaires (par exemple, pour les quartiers politiques de la ville, le bailleur social, la préfecture, ou encore la communauté de communes, etc.) pouvant alimenter les discussions.  
  1. Créer les outils de l’atelier (tableau, Excel, etc.). 
  1. Le déroulé du diagnostic :  
  • On donne des rôles clés : photographes et rédacteurs. Le photographe prendra des photos (merci Sherlock) pour faciliter le travail des services lorsqu’ils interviendront sur le terrain. Le rédacteur prendra en note tout ce qui est dit (veiller à prendre des personnes avec une calligraphie lisible). Ce binôme pour recenser les besoins de 5 à 7 personnes. Qui peut le faire ? En fonction des choix : les élus, les agents, les participants, etc. 
  • L’animateur du groupe (distinct des deux rôles ci-dessus) donne le tempo, il est le garant du bon déroulement du parcours et fera avancer le groupe avec panache !  
  • Il ne faut pas hésiter à faire des pauses, des détours, en fonction des demandes des usagers. Le seul impératif est que les sous-groupes se désolidarisant disposent toujours d’un rédacteur avec eux. 
  • En fin de parcours, on s’assure de la bonne prise de note des rédacteurs et de récupérer les photos (en direct, si elles ont été prises sur téléphone, les photographes doivent vous les envoyer à ce moment-là !!) 
  • Une action participative doit toujours disposer d’un temps d’échange informel et convivial (nourriture et boisson).  
  1. Restituer le dossier mis en forme aux élus ; cette partie peut s’avérer chronophage en fonction du nombre de sous-groupes. Son bon déroulement dépendra de la bonne structuration du tableau de prise de note en amont du diagnostic. 
  1. Rendre compte des résultats :  
  • Avec des actions concrètes et directes (notamment celles qui nécessitent seulement un travail des agents, donc n’engendrant pas de frais supplémentaires), comme notre fameuse taille des haies. 
  • En mettant à l’agenda politique des demandes paraissant cohérentes aux élus et réalisable à moyen/long terme.  
  • En justifiant le refus de certaines demandes. Les usagers sont donc fixés, pas forcément contents, mais on ne peut pas satisfaire tout le monde. 

Les clefs de réussites du diagnostic en marchant 

De l’efficacité ! On l’a dit, il s’agit d’un outil qui va toucher directement les habitants, c’est donc un moment de création du lien de confiance entre les élus et leurs usagers et entre les individus et la participation citoyenne. La partie de rendre compte des résultats du diagnostic est donc primordiale.  

Qui dit efficacité dit réactivité des services ! Pour cela une règle d’or : calibrer l’organisation du diagnostic avec eux, concrètement, si cet article ne leur plaît pas sur la méthodo, jeter le et écouter vos agents !  

Dans l’idée, la réalisation des demandes passera par ces étapes : 

  • Transmission du tableau des demandes des usagers 
  • Proposition des agents pour répondre aux demandes 
  • Validation/refus des élus en traitant chaque proposition une par une 
  • Réalisation des propositions validées, communication autour des demandes refusées ou encore demande aux services de proposer d’autres solutions 

En cas de volonté de mener plusieurs diagnostics en marchant, ce sont les services (notamment techniques) qui pourront vous donner un délai nécessaire entre chaque diagnostic. Afin que les agents puissent réaliser les demandes du précédent diagnostic. 

FAQ 

L’accompagnement de Concert’à l’Ouest en Bretagne 

Je vous accompagne de l’étape 1 à 8, de la définition du diagnostic à la restitution du dossier. Le nombre de journées facturées sur ce type d’action oscille entre 1 journée à 1 journée et demie. 

Où sommes-nous situés dans la pyramide de la participation ? 

Bonne question !

La pyramide a son intérêt dans cette démarche, pour être transparent avec les usagers. En fonction de la volonté des élus, nous serons soit en consultation ou en concertation. 

Quid des marches exploratoires ?  

Les marches exploratoires sont mises en place par des groupes féminins pour se réapproprier l’espace public.

Elles se servent du diagnostic en marchant comme outil, englobé dans un dispositif beaucoup plus élargi. L’autrice référence dans ce domaine est Marylène Lieber Genre, violences et espaces publics | Cairn.info.