Démocratie participative et jeunesse (épisode 1/3) – CME et CMJ

Mettre en place et animer un conseil municipal des enfants ou un conseil municipal des jeunes 

Le mois de septembre, mois de reprise scolaire et aussi de reprise d’activité dans beaucoup de secteurs, dont celui de la concertation !  

C’est aussi un temps clé pour le lancement de dispositifs tels que les CME et CMJ. Cet organe démocratique de l’animation jeunesse nécessite une réflexion rigoureuse et une orientation stratégique à la fois structurée et adaptable.  

Pour vous aider à constituer le CME ou le CMJ qui vous correspond, Concert’à l’Ouest vous propose cette note méthodologique, de sa projection politique à sa mise en œuvre technique.  

Intégrer nos jeunes bretons dans la concertation : une ambition politique à structurer 

Avant même de se lancer tête baissée dans un tel dispositif, un ensemble de questions vous permettra de définir et de dessiner les contours de votre futur CME ou futur CMJ.  

Se poser la question du pourquoi créer un CME / CMJ ?  

Pourquoi se poser la question du pourquoi ?! L’idée sera ici de préciser l’ambition politique précédant la création du CME ou du CMJ. Est-ce que le conseil municipal (des adultes) souhaite avoir des avis consultatifs sur les thématiques jeunesse ? Est-ce qu’à l’instar d’un budget participatif, une enveloppe budgétaire sera gérée par le collectif afin de porter un projet jeune ? Est-ce que le collectif sera appelé à proposer une programmation culturelle, à mener des actions de prévention, à proposer des améliorations pour les temps périscolaires ? Etc.  

Comme souvent en participation citoyenne, poser de façon transparente cette notion de raison politique va permettre aux agents de proposer la stratégie de mise en place pour répondre le plus précisément possible à la commande. 

Est-ce que le format conseil municipal enfants/jeunesse est l’outil le plus adapté pour répondre à l’enjeu participatif ?  

Seconde question avant d’entamer le travail de proposition technique : est-ce que ce format est approprié pour répondre aux enjeux portés par la collectivité ?  

Il existe d’autres types de dispositifs ou de fonctionnements pour intégrer la jeunesse aux actions d’une collectivité : des comités thématiques, des budgets participatifs jeunesse, des tiers-lieu jeunesse, la mise en place d’ambassadeurs climat, la participation à des actions solidaires, etc. 

Il est donc important de remettre en perspective la mise en place d’un CME ou d’un CMJ en fonction des objectifs défendus. Le dispositif revêt un intérêt certain mais ne doit pas devenir un réflexe, une case à cocher, pour l’intégration des mineurs aux politiques publiques de la commune. 

Une question essentielle : Quel est l’intérêt, pour les jeunes et les enfants, d’intégrer un conseil municipal ?  

On ne parle pas ici d’intérêts que nous visualisons en tant qu’adultes : développer son sens de la citoyenneté, acquérir des compétences utiles, agir concrètement, etc.  

On parle plutôt de l’intérêt du point de vue des participants. Comment mettre en œuvre des stratégies de mobilisation pour donner envie à des enfants ou des adolescents de consacrer une partie de leur temps à ce projet politique. Question à étudier avec les services jeunesse de la ville et même, pour les plus ambitieux, directement avec les enfants et les adolescents de votre ville. 

Comment mettre en place un CME ou un CMJ ? 

Voici une méthodologie pratique pour vous garantir un lancement dans des conditions optimisées, avec des bases solides. 

L’expertise de vos agents pour faire participer la jeunesse 

Votre collectivité foisonne de compétences et de profils variés ; à vous de repérer une ou plusieurs personnes ressources pour accompagner et stimuler un collectif jeune.   

Étapes de lancement d’un CME ou d’un CMJ :   

Désignation et montée en compétences de l’animateur ou de l’animatrice du collectif : 

Posons d’abord une base, pour animer un CMJ ou un CME : il faut avoir des compétences d’animation de groupe enfance ou jeunesse ! Il est parfois utile de rappeler les évidences. Ce volet d’animation diffère de l’animation d’un groupe d’adultes. Les moyens de capter l’attention, les outils à mettre en œuvre, etc. sont à adapter aux tranches d’âge.  

La monté en compétences dans l’utilisation des outils d’intelligence collective et la formation sur le montage de projet de politique public seront des indispensables en termes de monté en compétences. En fonction des priorités politiques, ou du cap fixé par le collectif, intégrer d’autres agents (ex : issu du monde de la culture) sera également fondamental.  

Désignation des membres du collectif :

Lorsque l’on pense conseil municipal, on pense automatiquement à élection majoritaire à 1 ou 2 tours. Et si les CME et les CMJ étaient l’occasion de repenser ce préconçu ?  Ce système n’est pas exempt de critiques : sélection sociale, compétition inutile, une représentation biaisée (souvent discriminatoire), alors que l’objectif du CME est d’être ouvert, éducatif et inclusif. D’autres formes de désignation alternative doivent être étudiées afin d’analyser l’ensemble des possibilités. Développons par exemple le recrutement par appel à projet, ce mode de désignation met l’accent sur l’envie d’agir, la capacité à proposer, et la diversité des profils. Il consiste à sélectionner les membres après un appel à candidature en proposant un projet pour la ville par exemple, la sélection peut ensuite se faire par un comité (suffrage indirect) qui veillera à la diversité des profils sélectionnés, la qualité des idées, l’équilibre des genres, des quartiers, des écoles.

On peut aussi penser à un système de tirage au sort sur des listes prédéfinies, ou non, de volontaires.

Ces systèmes ne sont pas non plus exempts de toute critique, mais sont à prendre en compte lors de la proposition de structuration du dispositif.  

Montée en compétences et cohésion du groupe :

Le groupe va donner des avis et porter des projets publics. Pour cela, il sera nécessaire qu’il soit compétent en la matière. L’objectif n’est pas d’en faire des professionnels de l’aménagement public, mais de leur donner des bases de réflexion sur l’intérêt général, l’existence de réglementations légales, les contraintes budgétaires et aussi leur place dans le système local. C’est un temps où l’intégration des élus est importante afin de légitimer le collectif.  

 Définir un mode de fonctionnement et un mode de prise de décision dans ce conseil municipal :

Est-il bien nécessaire d’avoir un maire jeunesse ? Une hiérarchie entre les « adjoints » ? Permettons-nous un avis tranché : NON. Concert’à l’Ouest prend ici position en affirmant qu’un modèle de gouvernance collégial est parfaitement adapté à ce type de collectif. Reprenant la structuration du modèle associatif, ce mode de fonctionnement permet la libre expression de chacun, la prise de responsabilité tournante (l’organisation des réunions, la répartition de la parole.) et participe à l’émancipation des participants. À ce sujet, il peut être recommandé de former la personne en charge de l’animation. Beaucoup de structures associatives proposent des formations gratuites : Portail Formations du Mouvement Associatif de Bretagne : Le Portail Régional 

  • Une fois l’animateur formé, il est même souhaitable qu’il accompagne le groupe à édicter son propre règlement et son fonctionnement.  
 À vos marques ! Prêts ?! Partez !

C’est parti !! La personne en charge de l’animation est formée dans l’accompagnement d’un collectif de mineurs et dans la gestion de projet associatif. Le collectif est désigné et responsabilisé. La monté des projets peut se lancer, quelle que soit l’ambition et les moyens mise en œuvre par la commune.   

L’accompagnement de formation par Concert’à l’Ouest en Bretagne 

Concert’à l’Ouest n’animera pas les CMJ et CME, car nous assumons seulement les prestations pour lesquelles nous ajoutons une plus-value à vos compétences internes. Or, l’animation de collectif jeune ne fait pas partie de nos spécialités (pas même un BAFA à l’horizon).   

En revanche, nous vous accompagnons sur la formation de votre ou vos animateurs sur les questions participatives. Sur les formes de CME ou de CMJ, sur les outils d’intelligence collective, sur le fonctionnement d’un groupement (en s’inspirant notamment des principes de gouvernance collégiale du milieu associatif) et sur toutes les questions autour de la structuration de projets collectif.   

Pour cela, nous proposons un format d’accompagnement sur 2 journées :   

  •  1 journée sur site qui permettra :   
    • De former les animateurs  
    •  De créer une note méthodologique concrète à présenter à vos élus, reprenant l’ensemble des étapes de lancement pré-citées  
  •  1 journée répartie sur l’année avec 1 visio de 2H (ou 2 de 1H) par trimestre, afin de répondre aux questionnements sur la direction du CME ou du CMJ, de proposer des ajustements en se basant sur un benchmarking régulièrement alimenté.   

FAQ :  

Le format d’accompagnement à la création d’un CME peut-il se limiter à la première journée de formation ?  

Oui, mais nous ne le recommandons pas, l’objectif de Concert’à l’Ouest est la monté en compétences des collectivités et leur prise d’autonomie dans les démarches participatives (nous misons sur la multiplication des dispositifs pour la croissance du cabinet 😉). Ce format de deux jours nous permet de transmettre les compétences techniques pour l’animation, la capacité de suivi du groupe et la recherche d’amélioration du CME et du CMJ.  

En tant que cabinet de concertation, pouvez-vous nous accompagner sur la formation d’autres types de dispositif participatif jeunesse ? 

Oui, attendez l’épisode 2 de cette superbe sage sur l’inclusion de notre jeunesse dans les politiques publiques !  

Vous ne répondez que très peu à la question de l’intérêt, pour les jeunes, d’intégrer les CME ou les CMJ, pourquoi ?  

C’est vrai, nous nous estimons moins bien placés que vos animateurs jeunesses et agents municipaux pour répondre à cette question. Ils connaissent le terrain, les usagers et leurs tempéraments. Ils seront les plus à même de réfléchir à cette question.